Mouvements artistiques
Cinq siècles, en vagues. Écoles, salons et ruptures — touchez n'importe quel mouvement pour voir ses peintres et une signature visuelle rapide.
Un mouvement artistique, c'est ce qui se produit quand une masse critique de peintres, travaillant à peu près à la même époque et au même endroit, partage une telle conviction sur la manière dont un tableau doit apparaître que le reste de l'histoire de l'art doit se positionner par rapport à eux. Les 21 mouvements rassemblés ici couvrent la peinture occidentale, depuis la première Renaissance italienne — quand les règles de la perspective et des proportions humaines étaient en train d'être réécrites — jusqu'à l'art contemporain de notre propre décennie.
Chaque page ci-dessous est un guide de lecture court et assumé : où le mouvement est né, contre quoi ses peintres se rebellaient, comment le reconnaître en trois secondes au musée, et quels artistes connaître en premier. Servez-vous-en comme d'une carte.
Perspective tout juste découverte ; figures équilibrées, sfumato, le corps humain reconstruit de l'intérieur.
Huile flamande, détail microscopique, paysages moralisés ; la même révolution, lumière plus froide.
Lumière dramatique, geste théâtral, ombres profondes ; foi et pouvoir mis en scène dans un même tableau.
Flirt pastel, courbes dorées, loisirs aristocratiques peints au sucre et à la soie.
Vertu romaine contre sentiment orageux ; ruines, effroi, révolution, la nature comme climat moral.
Couleur plate, cadrages coupés, Hokusai et Hiroshige recâblant la manière dont l'Europe voyait le plan pictural.
Paysans, travailleurs, le non-héroïque : peindre ce qu'on voit réellement, à l'échelle jadis réservée aux rois.
Couleur brisée, plein air, lumière fugitive ; l'atelier sorti dans l'après-midi.
Van Gogh, Cézanne, Gauguin — l'impression garde la couleur mais retrouve structure et sentiment.
Pointillisme : le scintillement impressionniste reconstruit comme science du point, un ton pur à la fois.
Rêves, allégorie et ligne décorative ; or, lys et fin du dix-neuvième siècle fait ornement.
Angoisse rendue visible, couleur chaude sortie du tube, forme déformée pour porter le sentiment.
Plusieurs points de vue à la fois ; objets analysés, vitesse adorée, plan pictural éclaté.
Anti-art comme art : collage, ready-mades et non-sens après que la Première Guerre eut brisé le sens.
Pas d'autre sujet que le tableau lui-même : ligne, couleur, bourdonnement optique, la toile comme argument.
Rêves, juxtaposition, inquiétante étrangeté ; l'inconscient de Freud traîné dans la peinture en plein jour.
Le New York d'après-guerre peint grand : dripping, champs, le geste comme autobiographie.
Boîtes de soupe, points BD, Marilyn — le supermarché et l'écran deviennent des sujets légitimes pour la peinture.
Moins, plus dur : grilles industrielles, une seule couleur, pas de métaphore — ce que vous voyez est ce que vous voyez.
La figuration revient, rapide et en colère : Basquiat, Kiefer, Schnabel — la peinture comme confession à nouveau.
La peinture aujourd'hui : photo, identité, numérique, politique — le médium sommé de tout faire à la fois.