Henri de Toulouse-Lautrec

Période
1864–1901
Nationalité
French
Dans le quiz
20 tableaux
En el Moulin Rouge by Henri de Toulouse-Lautrec (1892)
Moulin Rouge: La Goulue by Henri de Toulouse-Lautrec (1891)
El salón de la Rue des Moulins by Henri de Toulouse-Lautrec (1894)
La toilette by Henri de Toulouse-Lautrec (1889)
La Goulue entrando en el Moulin Rouge by Henri de Toulouse-Lautrec (1892)
Jane Avril bailando by Henri de Toulouse-Lautrec (1892)

Style et technique

Toulouse-Lautrec a appris deux choses de l'estampe japonaise et une de Degas, puis les a fondues en un style si immédiatement reconnaissable qu'il a défini toute une ère de la culture visuelle parisienne. Des Japonais, il a tiré les aplats de couleur non modulée et le contour fort et expressif — le trait qui cerne la forme sans la modeler au sens pictural conventionnel. De Degas, il a retenu l'angle inattendu — la figure coupée, la vue de dessus ou depuis les coulisses, le point de vue de l'observateur qui place le spectateur à l'intérieur de la scène plutôt que devant elle en position de public.

Il en résulte un langage visuel parfaitement adapté à son sujet : le monde accéléré et artificiel des cabarets, des cafés-concerts et des maisons closes de Montmartre, où la lumière était d'abord au gaz puis électrique, le mouvement rapide et performatif, et la figure humaine toujours en train de faire quelque chose plutôt que de poser. Ses sujets sont saisis en action — ils dansent, boivent, se produisent, se fardent — plutôt qu'arrangés pour la contemplation.

Son travail d'affichiste transporte ces qualités dans un medium commercial à très large diffusion. Les affiches du Moulin Rouge du début des années 1890 — qui employaient son économie picturale de ligne et de couleur plate dans un format conçu pour être lu d'un coup d'œil sur un mur de rue — ont été transformatrices pour l'histoire du design graphique. Il a en substance inventé l'affiche de spectacle moderne.

Quatre empreintes : un contour audacieux et incurvé issu de l'estampe japonaise, des aplats de couleur sans modelé ni ombrage, les artistes et les femmes de Montmartre comme sujets principaux, et l'intégration du texte et de l'image dans ses affiches, où la typographie fait partie de la composition et non de la légende ajoutée.

Vie et héritage

Toulouse-Lautrec naît le 24 novembre 1864 à Albi, dans le sud de la France, au sein de l'une des plus anciennes familles aristocratiques du pays. La famille a pratiqué des mariages consanguins au sein de sa propre noblesse pendant des générations, et Lautrec souffre d'une maladie génétique — la pycnodysostose — qui fragilise ses os et arrête la croissance de ses jambes.

Il se casse les deux jambes dans des chutes à treize et quatorze ans, et les fractures ne se ressoudent jamais correctement. Ses jambes cessent de grandir tandis que son torse continue de se développer normalement ; adulte, il mesure environ 1,52 mètre, avec des jambes d'enfant et un corps d'adulte. Cette condition lui cause des douleurs physiques toute sa vie et façonne son rapport au monde de manière à la fois évidente et subtile.

Il monte à Paris en 1882 pour étudier la peinture et s'installe à Montmartre — quartier bohème et du spectacle — où il passera l'essentiel du reste de sa vie. Il étudie avec le peintre académique Léon Bonnat, puis avec Fernand Cormon, où il rencontre Van Gogh et Émile Bernard. Mais sa véritable formation se déroule dans les rues, les cafés, les salles de bal et les maisons closes du quartier.

Il est un habitué du Moulin Rouge dès son ouverture en 1889, et les propriétaires lui réservent une table près du mur et un accès libre en échange de la publicité que génèrent ses affiches. La première affiche du Moulin Rouge, représentant La Goulue et Valentin le Désossé, paraît en 1891 et est aussitôt reconnue comme une œuvre d'une intelligence visuelle extraordinaire. Elle le rend célèbre.

Tout au long des années 1890, il produit tableaux, dessins, lithographies et affiches à un rythme impressionnant, travaillant vite et avec une grande précision, fréquentant les salles de bal, les théâtres et les maisons closes qui constituent son sujet. C'est un observateur aigu et une présence chaleureuse dans le monde qu'il dépeint — invité dans les coulisses, les loges, les espaces privés que la plupart des observateurs ne peuvent atteindre.

Sa santé se dégrade rapidement à la fin des années 1890 sous l'effet combiné de l'alcoolisme et de la syphilis. Il connaît son premier effondrement en 1899 et est brièvement interné dans une maison de santé. Il se rétablit suffisamment pour retourner à Paris et travailler encore un an, mais un accident vasculaire cérébral en août 1901 le laisse paralysé, et il meurt le 9 septembre 1901 dans la propriété familiale de Saint-André-du-Bois, à trente-six ans.

Cinq tableaux célèbres

Moulin Rouge : La Goulue by Henri de Toulouse-Lautrec (1891)

Moulin Rouge : La Goulue 1891

La première affiche du Moulin Rouge et l'une des œuvres les plus importantes de l'histoire du design graphique. La Goulue — Louise Weber, la danseuse la plus populaire du Moulin Rouge — est montrée à l'arrière-plan, ses jupons blancs relevés, entourée de la foule de silhouettes sombres. Valentin le Désossé, son partenaire de danse, occupe le premier plan comme une forme plate noire. Le design utilise une palette limitée d'orange, de jaune, de noir et de blanc, avec des contours audacieux et des aplats de couleur issus des estampes japonaises sur bois. Le texte — Moulin Rouge, La Goulue, les horaires des représentations — est intégré à la composition comme élément visuel et non comme légende ajoutée. Elle est conservée à la Bibliothèque nationale de France.

Au Moulin Rouge by Henri de Toulouse-Lautrec (1892)

Au Moulin Rouge 1892

Un tableau de l'intérieur du Moulin Rouge — une table de figures identifiables, la piste de danse en arrière-plan, les lumières au gaz reflétées dans les miroirs du mur du fond. Toulouse-Lautrec lui-même apparaît à l'arrière-plan, de petite taille, marchant avec un compagnon plus grand. La composition est découpée à des angles inattendus : un visage sur le bord droit est tronqué par le cadre, la perspective est oblique, le sentiment d'être à l'intérieur de la scène sociale plutôt que de l'observer est total. La lumière artificielle confère à tout une qualité légèrement équivoque, légèrement irréelle. Les figures sont des portraits de personnes précises dans un lieu précis, mais le tableau parle aussi de l'atmosphère particulière de ce monde. Il est conservé à l'Art Institute of Chicago.

Jane Avril dansant by Henri de Toulouse-Lautrec (1892)

Jane Avril dansant 1892

Jane Avril, l'une des artistes les plus célèbres du Moulin Rouge et l'un de ses sujets les plus fréquents, saisie en plein mouvement — une jambe levée, l'autre au sol, le visage absorbé dans la danse. La peinture est posée de façon lâche, la figure émergeant de minces glacis de couleur plutôt que d'une pâte compacte. Le dessin est tout : la ligne qui décrit la jambe levée, la posture angulaire de la danseuse saisie à l'extrême de son mouvement. Jane Avril était plus raffinée et plus intelligente que la plupart des artistes du Moulin Rouge, et Toulouse-Lautrec y est revenu des dizaines de fois, chaque portrait légèrement différent dans son registre émotionnel.

La Toilette by Henri de Toulouse-Lautrec (1889)

La Toilette 1889

Une femme vue de dos, assise sur le sol de ce qui ressemble à une pièce de maison close, se peignant ou arrangeant ses cheveux. La figure est rendue dans son style caractéristiquement économique — quelques lignes décisives et des aplats de couleur définissent la position et la posture. Le sujet reprend la série des femmes au bain de Degas, mais là où les femmes de Degas sont absorbées dans leur propre corps, cette figure possède une qualité de fatigue tranquille qui appartient au monde que Toulouse-Lautrec habitait. Le tableau n'est ni morbide ni compatissant au sens condescendant ; il enregistre simplement ce qu'il a vu avec précision et respect. Il est conservé au Musée d'Orsay à Paris.

Cha-U-Kao, clownesse by Henri de Toulouse-Lautrec (1895)

Cha-U-Kao, clownesse 1895

Une artiste du Moulin Rouge — connue sous le nom de Cha-U-Kao — est montrée en train d'ajuster son costume avant un spectacle, son tutu jaune et son col à froufrous en cours d'arrangement. Son visage, vu de trois quarts, est dénué de toute expression scénique ; elle se trouve entre son moi professionnel et son moi privé. Toulouse-Lautrec était fasciné par le moment entre les rôles — l'artiste avant que le masque ne tombe. Cha-U-Kao apparaît dans plusieurs de ses œuvres ; c'était l'un des rares sujets qu'il poursuivait spécifiquement pour son identité publique ambiguë, qui incluait le fait de se produire comme attraction lesbienne. Il est conservé au Musée d'Orsay.